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Les mycoses cutanées

mycose chinchilla
La mycose chez le chinchilla, souvent appelée teigne, est une affection cutanée relativement fréquente. Bien que contagieuse, elle reste bénigne lorsqu’elle est prise en charge rapidement. Comprendre ses causes, reconnaître ses symptômes et appliquer les bons traitements permet d’éviter toute complication, tant pour l’animal que pour son entourage.

Qu’est-ce qu’une mycose chez le chinchilla ? 
La mycose est une infection de la peau causée par un champignon microscopique, le plus souvent Trichophyton mentagrophytes. Ce dermatophyte est naturellement présent dans l’environnement (terre, litière, poussière) et peut toucher aussi bien les animaux que les humains.
Plus rarement, un autre champignon nommé Microsporum canis peut être impliqué.
👉 La mycose du chinchilla est donc une zoonose, c’est-à-dire transmissible de l’animal à l’homme et inversement.

La teigne est-elle dangereuse ?
Malgré son nom impressionnant, la teigne n’est pas une maladie grave. Elle est toutefois :

  • très contagieuse,
  • inesthétique,
  • inconfortable pour l’animal si elle n’est pas traitée.

Avec des soins adaptés, la guérison est généralement rapide.

Symptômes de la mycose chez le chinchilla (H2)
Les premiers signes apparaissent le plus souvent sur le museau :

  • perte de poils localisée,
  • peau rouge, sèche ou squameuse,
  • petites plaques circulaires.

L’infection peut ensuite s’étendre :

  • autour des yeux et des oreilles,
  • sur les pattes avant,
  • autour des organes génitaux.

Cette propagation s’explique par les habitudes de toilettage du chinchilla et le contact fréquent entre la bouche et les pattes.

Causes et facteurs de risque
Plusieurs éléments favorisent l’apparition d’une mycose :

  • humidité excessive,
  • litière sale ou mouillée,
  • mauvaise ventilation de la pièce,
  • stress ou baisse d’immunité,
  • contact avec un animal porteur sain (chat, chien, rongeur).

Les périodes humides sont particulièrement propices.

Prévention naturelle de la mycose 
La prévention repose sur des gestes simples mais essentiels :
✅ Hygiène de l’environnement

  • litière toujours sèche,
  • nettoyage régulier de la cage,
  • pièce bien aérée.

✅ Bain de terre quotidien
Le bain de terre est indispensable au chinchilla, non seulement pour son pelage, mais aussi comme barrière antifongique naturelle.
✅ Ajout de soufre dans la terre à bain
Le soufre micronisé (fleur de soufre) est un antifongique naturel efficace.
Dosage préventif recommandé :

1 cuillère à café rase pour 1 kg de terre.

Le mélange doit être homogène, sans grumeaux.

Traitement de la mycose chez le chinchilla
Mesures immédiates

  • isolation de l’animal malade,
  • port de gants jetables,
  • désinfection du matériel.

Bain de terre curatif
Dosage curatif :

1 cuillère à café rase pour 500 g de terre.

La terre doit être changée chaque semaine.
Soins locaux :

  • application ponctuelle d’alcool à 70° sur les lésions,
  • huiles essentielles antifongiques (tea tree ou niaouli purs, pamplemousse dilué), avec prudence,
  • argent colloïdal en application locale.

⚠️ Toujours éviter les muqueuses (yeux, bouche, parties génitales).

Consultation vétérinaire indispensable (H2)
Un vétérinaire prescrira généralement une pommade ou une lotion antifongique, à appliquer deux fois par jour.
Ce traitement local est habituellement suffisant chez le chinchilla. Les traitements oraux sont rarement nécessaires.

Comment savoir si le chinchilla guérit ?
Les signes de guérison sont rapides :

  • disparition des rougeurs,
  • arrêt de l’extension des lésions,
  • peau redevenant saine avant la repousse du poil.

Il est conseillé de maintenir l’ajout de soufre à dose préventive pendant plusieurs semaines après la guérison complète.

Cas de plusieurs chinchillas à la maison

  • bains de terre non partagés,
  • soufre à dose préventive pour tous,
  • désinfection du matériel (eau de Javel diluée ou produit antifongique).

Conclusion
La mycose chez le chinchilla est une affection fréquente mais maîtrisable. Une bonne hygiène, un bain de terre enrichi en soufre et une prise en charge rapide permettent une guérison complète sans séquelles. En cas de doute, l’avis d’un vétérinaire reste indispensable.

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Les crises de crampes

Votre chinchilla vous paraît en pleine forme, il vient vous dire un petit bonjour, demande à sortir de sa cage, réclame ses croquettes, sa friandise, bref, tout va bien. Et soudain, après une promenade effrénée, un grand moment d’excitation, ou au moment de la distribution de son repas…

Vous paniquez !

Il semble se crisper, se paralyser, se tétaniser, sa tête se met à pencher d’un côté, sa bouche se tord, il lâche ce qu’il tenait entre ses pattes, il tombe, ne peut plus se relever, a quelques mouvement des pattes compulsifs et saccadés !

La crise peut durer seulement quelques minutes, parfois un quart d’heure ou plus. Peu à peu, le chinchilla semble se détendre, il parvient à se remettre sur ses pattes, et, passé ce moment, retrouve une attitude parfaitement normale. Plus la crise aura été longue, plus il pourra paraître fatigué pendant quelque temps.

Le vétérinaire consulté vous expliquera la plupart du temps qu’il s’agit d’une crise d’épilepsie, et vous prescrira des médicaments en conséquence.

Si l’épilepsie peut se rencontrer chez le chinchilla, elle est rarissime.

Pour vous donner une idée, nous n’avons observé ce problème qu’une seule fois en trente ans d’élevage, sur des dizaines de milliers d’animaux. Lors de ce cas avéré, le chinchilla, qui provenait d’un élevage étranger, se mettait à baver abondamment, et son comportement n’était pas semblable à celui décrit plus haut, ni lié à un moment d’excitation, de fatigue, ou à l’heure du repas.

Donc, si le chinchilla n’a pas salivé et bavé, les symptômes que vous avez observés correspondent exactement à ce que les éleveurs ont toujours appelé les « crises de crampes ».

L’origine de ces crampes est double :

  • La première peut se rencontrer sur des animaux particulièrement fragiles depuis la naissance, sur des mutations mal travaillées, des jeunes issus d’ accouplements consanguins, des lignées atteintes de problèmes mais qui n’ont pas été retirées de la reproduction, des sujets atteints de malocclusion dentaire ou présentant des anomalies au niveau de leur métabolisme.
  • La deuxième, et de très loin la plus fréquente, est due à des carences importantes résultant d’une alimentation inadaptée ou de mauvaise qualité, ou encore mal conservée (granulé de plus de six mois, non stocké à l’abri de l’air et de l’humidité.) C’est donc aussi la plus facile à corriger.

Quels sont les éléments dont les carences provoquent les crampes ?

  • les vitamines A, D3, B1, B6, B12.
    Le calcium et le phosphore.
    Le magnésium, le silicium.

Comment se comporter pendant une crise de crampes ?

Si le chinchilla ne risque pas de chuter, le laisser se reposer ; ne pas le prendre en main, ne pas le secouer, ne pas crier, faire le calme autour de lui et éviter tout stress supplémentaire. Lui parler doucement éventuellement, s’il est habitué à votre voix cela pourra le rassurer.

Si la crise survient alors qu’il se trouve par exemple sur une planchette en hauteur, le placer doucement dans un endroit plus sécurisé, de préférence sur le sol de sa cage ou à un endroit qu’il connaît bien et qu’il apprécie.

Quand il reprendra conscience, ne le stimulez pas autrement que par des paroles douces, laissez-lui le temps de se remettre peu à peu. Et respirez ! La crise est passée… Vous n’avez plus qu’à rectifier les éventuelles erreurs d’alimentation, ainsi qu’à réduire les quantités de friandises (si vous en donniez trop), afin que votre chinchilla consomme suffisamment de croquettes et de foin.

Quels sont les moyens à mettre en œuvre pour éviter les crises de crampes ?

Soyez vigilants quant à la qualité de l’aliment de base, faites confiance à l’expérience de plusieurs générations d’éleveurs qui ont su cerner le problème et optimiser les aliments pour l’éliminer, plutôt qu’aux modes et aux packagings attrayants dont le contenu ne répond à aucune observation sur un grand nombre d’animaux.

Un granulé de qualité est toujours préférable à des vitamines rajoutées au petit bonheur la chance dans l’eau de boisson, procédé qui peut être utilisé toutefois ponctuellement après une première crise, ou régulièrement pour les animaux présentant un défaut de métabolisme.
Un aliment pour chinchillas doit contenir suffisamment de protéines, lipides, vitamines, oligo-élements, calcium et phosphore sous peine de voir des carences s’installer.

Si ces carences sont importantes, le « Grigno » mis à disposition pourra fournir au chinchilla les éléments qui lui font défaut : il le rongera en fonction de ses besoins.

N’achetez pas, sous prétexte d’économie, la quantité de granulé nécessaire à une consommation de plus de 5 à 6 mois maximum. Les vitamines disparaissent peu à peu et leur dosage devient trop faible passé ce temps. Les économies peuvent coûter très cher !

N’adoptez pas de petit chinchilla sans connaître la façon dont les parents sont nourris, leurs origines, l’expérience du naisseur. Les prix alléchants ne sont pas un bon critère pour acheter un animal.
En animalerie, demandez à connaître la provenance des animaux. Ils peuvent en effet avoir été fournis par des grossistes ou des particuliers, donc ne présenter aucune garantie quant à leur santé et leur sélection, mais aussi provenir d’un élevage sérieux et reconnu pour sa compétence, contrairement à ce qui se dit parfois.

Catherine Peduzzi
Les Chinchillas du Terroin

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La malocclusion dentaire

Pour un rongeur dont les dents poussent tout au long de sa vie, cela devient une pathologie extrêmement grave, car ses dents doivent donc s’user en permanence. Le Larousse médical définit ainsi l’occlusion dentaire lorsqu’elle est normale :

Positionnement des dents du maxillaire supérieur par rapport aux dents du maxillaire inférieur lorsque la bouche est fermée.
L’occlusion dentaire permet la mastication des aliments, une déglutition correcte, ainsi que le repos des muscles responsables de la mastication

Quand l’alignement des dents les unes par rapport aux autres n’est pas correct, on parle alors de « malocclusion », c’est-à-dire : mauvaise occlusion.

Pour un être dont les dents ne poussent qu’une seule fois, comme nous, humains, les problèmes sont certes inesthétiques et parfois gênants, mais pas vitaux. Par contre, pour un rongeur dont les dents poussent tout au long de sa vie, cela devient une pathologie extrêmement grave.Pousse anarchique des molaires et déviation de la mâchoire supérieure. Les dents du chinchilla doivent donc s’user en permanence, et cela est possible quand chaque dent possède son vis-à-vis exact et qu’elles vont se limer l’une l’autre lors de la mastication. Si pour une raison ou une autre, cet alignement est mauvais, ne serait-ce que de façon infime, la partie de la dent qui n’a pas de vis-à-vis ne s’usera pas et poussera anormalement. Il se produira des saillies qui blesseront la langue, les gencives, les lèvres, et formeront des abcès, empêcheront la bouche de se fermer correctement, rendant impossible la mastication des aliments, emprisonneront la langue qui ne pourra plus exercer sa fonction d’aide à la déglutition.Pour user convenablement ses molaires, le chinchilla doit mastiquer sa nourriture. C’est en broyant le foin que cette fonction est totalement remplie. Aucun granulé, même si son broyage n’est pas très fin, ne peut exercer cette fonction. Le foin de graminées, le plus riche en silice, nécessite une longue mastication qui use la table dentaire par le frottement des dents les unes contre les autres.

Un chinchilla privé de foin ne pourra pas user correctement ses molaires qui risquent de pousser anormalement. Accidentelle, peu fréquente, lors d’une chute, d’un accident, la mâchoire peut se trouver déplacée ou même brisée. Il est donc facile de comprendre le processus qui va s’enclencher : l’alignement des dents est rompu.

Selon la gravité du cas, le limage régulier d’une ou de plusieurs dents pourra être pratiqué par un vétérinaire et permettre au chinchilla de mener une vie normale.

Si une dent est cassée, elle repoussera, mais il faudra limer la dent opposée en attendant la repousse complète de celle qui a été lésée. Si la racine a été arrachée, le limage à l’opposé sera nécessaire, mais parfois une dent voisine poussera en biais pour combler le vide.Il s’agit en fait d’une mauvaise conformation du crâne et de l’ensemble des os de la tête et de la mâchoire supérieure. Les deux côtés ne sont pas symétriques, la ligne médiane de la mâchoire supérieure présente une légère déviation et conduit inéluctablement à un mauvais alignement des dents.

Ce problème héréditaire étant congénital, il n’existe aucune parade. Les symptômes pourront apparaître très tôt, parfois dès 6 mois si la déviation est importante ou beaucoup plus tard si elle est légère, mais ils se déclencheront de toute façon un jour.La fourrure ne permet pas de remarquer une asymétrie de la mâchoire. Il est impossible de détecter cette malformation à l’œil nu, la fourrure du chinchilla rendant invisible le problème. Seule une radio peut la mettre en évidence, ou une observation du crâne post mortem.

Par contre, il est évident que la mise à l’écart de la reproduction d’animaux atteints de ce type de malocclusion est indispensable.

De plus, il est à remarquer que la transmission du défaut s’aggrave à chaque génération : Un animal peut déclarer une malocclusion assez tardivement, par exemple vers 7 ou 8 ans, son descendant probablement plus tôt, vers 4 ou 5 ans, puis la génération suivante vers 18 mois ou 2 ans, et enfin la dernière ne pourra survivre que 6 mois ou moins d’un an.

La sélection qui découle de ces observations ne peut se faire qu’avec beaucoup de recul et ne devrait dépendre que d’un travail d’élevage extrêmement consciencieux et délicat. C’est pourquoi faire reproduire des animaux sans connaissances particulières et sans connaître leur patrimoine génétique peut se révéler très risqué. La formation du squelette commence dès le développement du fœtus. Une femelle mal nourrie elle-même ne pourra pas faire une gestation optimale ni fournir un lait de qualité à ses petits.

Une alimentation trop pauvre en calcium et phosphore, en vitamine A, D3, B1, B2, en oligo-éléments, ne permettra pas un bon développement du squelette lors de la croissance, ni un entretien suffisant de celui de l’adulte.Les racines des molaires ont perforé la mâchoire. Si des carences alimentaires existent, les os du crâne et de la mâchoire ne seront pas assez résistants pour supporter la dentition. Les dents pourront se déchausser, les racines pourront perforer la mâchoire, blessant le nerf optique, les yeux. L’animal sera irrémédiablement perdu. C’est dire toute l’importance de fournir aux chinchillas un granulé de qualité. Le nombre de chinchillas atteints de malocclusion dentaire est en train d’augmenter de façon vertigineuse en même temps que la multiplication des animaux par des personnes non compétentes. Et il ne s’agit malheureusement pas seulement de facteurs héréditaires et de reproduction inconsidérée, mais aussi d’aliments peu adaptés, ce qui ne devrait pas exister.Le tout premier signe qui devrait alerter et qui annonce une malocclusion est généralement inconnu. On l’observe sur le contenu des déjections, même quand elles sont encore de forme, de couleur et de taille normales et que le chinchilla se nourrit tout à fait normalement.

Le contenu interne d’une crotte doit être très homogène, brun clair, et s’effriter facilement. Si on peut y apercevoir de petits débris de foin ou de végétaux, c’est le signe que leur broyage n’a pas été parfait, parce que le chinchilla ne peut déjà plus le faire correctement. Vient ensuite un changement de couleur et de forme des déjections : de brunes « cigare », ovales et lisses, elles deviennent foncées, noirâtres, fines et grumeleuses. La pathologie progresse.

Puis, les yeux deviennent humides ou même larmoyants et le chinchilla perd du poids. Il fait beaucoup de miettes avec son granulé. Il ne peut plus broyer son foin et ne le mange donc plus, la douleur et le mauvais alignement des molaires l’en empêche. Il est inutile de vouloir forcer un chinchilla à manger du foin : s’il ne le fait pas, c’est que cela ne lui est pas possible : avec une « rage » de dents, pouvez-vous mordre dans un sandwich ou mastiquer un caramel ?

Enfin, il commence à baver. D’abord quand il mange ses granulés, en les poussant sur le côté de la bouche au lieu de les croquer avec ses incisives, puis en permanence. Il ne peut plus déglutir et avaler sa salive. Son menton, son poitrail sont mouillés, les poils y sont collés. Une odeur désagréable se dégage de sa bouche, qui provient des aliments qui y stagnent. A ce stade, il souffre beaucoup, il ne peut plus manger, il meurt de faim.

Lorsque les tout premiers signes apparaissent, il peut être efficace de montrer le chinchilla à un vétérinaire, qui pourra, sous anesthésie, limer les saillies anormales des molaires et rectifier l’alignement des incisives. Parfois, une intervention une ou deux fois par an peut suffire à maintenir l’animal pendant des années. Mais rien n’est certain. Il faut au moins tenter l’opération une fois.

Le tableau est affreusement triste. Le but est de vous aider à comprendre l’importance du choix lors de l’achat d’un animal, même si, en matière de vivant, rien, absolument rien, ne peut être sûr à 100%. Génétiquement, la malocclusion se comporte comme un problème récessif, et le plus grand soin apporté par un éleveur peut malgré tout laisser une possibilité à un problème de survenir. Mais, sans une sélection rigoureuse, le risque est démultiplié, et faire reproduire des sujets dont on ne connaît pas l’origine est bien dangereux.Un granulé de qualité évite les carences alimentaires. Au vu de ces explications, il est facile de comprendre pourquoi le choix d’un granulé de très grande qualité, mis au point par des générations d’éleveurs, doit prendre le pas sur des aliments de type commerciaux ; ceux-ci suivent les modes et changent en fonction de celles-ci, s’appuient sur des théories de laboratoire, attirent les clients par de jolis packagings, sans jamais prendre en compte le plus important : l’observation des animaux eux-mêmes sur un très grand nombre pendant de très longues périodes.

En un mot : l’expérience.

Catherine Peduzzi
Les Chinchillas du Terroin

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Histoire d’eau

Le chinchilla sauvage des montagnes Andines dispose de l’eau la plus pure que l’on puisse trouver. Si vous optez pour une eau en bouteille, ne pensez pas que n’importe quelle eau conviendra.Aujourd’hui, je vais vous raconter une histoire d’eau…

Il était une fois, il y a très longtemps, des chinchillas qui s’étaient installés à la campagne, loin de toute pollution, respirant un air pur, buvant une eau claire et limpide…

Ça, c’était l’image bucolique et naïve que nous nous faisions du petit village de campagne. La vérité était un peu différente. Il est vrai que l’air ne sentait pas le gasoil, que le bruit des moteurs était rare, qu’on entendait les petits oiseaux, les vaches et les chiens. Par contre, l’eau distribuée par la commune n’était pas très limpide, et même plutôt un peu orangée… Elle provenait d’un vieux captage d’après-guerre, qui n’était guère contrôlé, faute de moyens financiers.

Ce sont nos poissons, à l’installation de l’aquarium, qui nous ont expliqué malgré eux que l’eau était vraiment très polluée ; les pauvres payèrent de leur vie cette ignominie.
Une analyse très complète nous a fait comprendre pourquoi nos premiers chinchillas, arrivés depuis peu, avaient un transit intestinal souvent perturbé : l’eau de notre robinet contenait des pesticides, beaucoup de métaux lourds toxiques, et laissait passer de temps à autre quelques bactéries pathogènes (ce qui, au moins, prouvait qu’elle ne contenait pas beaucoup de chlore…).

Nous avons donc immédiatement installé un osmoseur qui devait filtrer tous ces éléments indésirables, ainsi qu’une lampe UV pour parfaire la désinfection.
Au début, tout allait pour le mieux : tout le monde profitait de cette eau enfin propre, y compris les poissons, les chiens et le chat de la maison.

Quelques temps plus tard, des problèmes menacèrent à nouveau : nous fîmes alors un changement de la membrane filtrante de l’osmoseur, ainsi qu’une désinfection de tout l’ensemble. Mais ces précautions qui auraient dû suffire une fois l’an, devaient être prises de plus en plus souvent. Le coupable finit par être démasqué : le manganèse en très grande quantité et qui colorait l’eau, détruisait la membrane de l’osmoseur, qui ne pouvait pas remplir sa fonction correctement.

Décision fut prise d’abandonner un système compliqué et finalement très coûteux tout en ne présentant pas une garantie totale pour la parfaite santé des chinchillas.

Une eau de source en bouteille leur fut alors fournie afin de se débarrasser de cette épée de Damoclès suspendue au-dessus d’eux.

Subsistaient pourtant encore des dérèglements, même s’ils devenaient peu importants. Pensant à un encrassement des petites tuyauteries distribuant l’eau dans chaque cage, je téléphonais un jour à un distributeur de produits pour le nettoyage de ce genre d’installations dans les élevages. Il me conseillait un produit acidifiant et naturel qui décollait les saletés accumulées éventuellement. Puis, en parlant de choses et d’autres, il me demanda soudain quel était le PH de l’eau que nous utilisions…
La réponse était facile puisque indiquée sur les bouteilles : environ 7,5 !
Il m’expliqua alors que pour les lapins, il fallait utiliser une eau légèrement acide, dont le PH était compris entre 6 et 7, afin de s’harmoniser avec le PH de leur caecum, ce qui permettait une bonne assimilation de la nourriture, et évitait la prolifération de parasites intestinaux…

Eureka !!!

La mise en œuvre immédiate d’une eau minérale au PH de 6 résolut immédiatement tous les petits soucis incompréhensibles dont les vétérinaires n’avaient pu nous donner un début d’explication ! Elle favorisa les lactations des femelles et la croissance des jeunes, élimina les parasites intestinaux, renforça le système immunitaire et donc la résistance des animaux, bref, en un mot : le bonheur !

Après une période de test, nous fîmes profiter de cette découverte tous les possesseurs de chinchillas, éleveurs, animaleries, et bien sûr les particuliers, par l’intermédiaire de la brochure conseil distribuée avec chaque jeune placé, et du livre « le chinchilla » que nous avons écrit en collaboration avec Yves Sciama.

Ce conseil se répandit rapidement et les chinchillas purent y gagner une nette amélioration de leur bien-être.

Aujourd’hui donc, nous avons pu vous raconter cette petite histoire, et vous expliquer l’origine de ce qui est devenu une évidence mais dont plus personne ne se souvient…

Quelle eau pour votre chinchilla ?

Le chinchilla sauvage des montagnes Andines dispose de l’eau la plus pure que l’on puisse trouver : l’eau déposée par la rosée du petit matin.
Selon la température extérieure et son activité, un chinchilla adulte consomme environ 40 ml d’eau quotidiennement : ce n’est donc pas comme cela qu’il vous ruinera ; par contre, une eau inadéquate pourra provoquer des problèmes de santé graves qui, au mieux, nécessiteront des soins coûteux, et au pire provoqueront la mort à plus ou moins longue échéance. La décision est donc bien facile à prendre !Si vous êtes très chanceux et que vous habitez dans une région montagneuse où l’environnement est très préservé, et qui permet l’alimentation en eau courante par des sources pures, vous avez évidemment la solution idéale. L’eau y est potable pour vos chinchillas comme pour vous et tous les êtres vivants.
Dans les régions moins favorisées à ce niveau, l’eau peut contenir des bactéries si elle n’est pas très contrôlée, des produits chimiques, des résidus d’antibiotiques, de pesticides, des nitrates, des métaux lourds… Si elle est chlorée, elle devrait être absolument évitée.
Une recherche sur Internet vous éclairera facilement quant aux méfaits du chlore ; notre but ici n’est pas d’ouvrir un débat ou de porter des accusations, mais simplement de vous donner notre avis et de vous permettre de vous renseigner afin de faire votre propre choix.

Si vous optez pour une eau en bouteille, ne pensez pas que n’importe quelle eau conviendra. L’étiquette des bouteilles contient des informations à consulter et deux paramètres y sont importants : les résidus à sec et le PH. S’ils ne sont pas indiqués, laissez les bouteilles dans le rayonnage de l’épicerie…

Evitez toutes les eaux trop minéralisées : les résidus à sec inférieurs à 150 mg sont souhaitables, car trop de minéraux peuvent éventuellement provoquer des calculs urinaires.

Le PH (potentiel hydrogène) est important, comme nous l’avons vu plus haut.
Une eau légèrement acide dont le PH est compris entre 6 et 7 est préférable à une eau basique, dont le PH est supérieur à 7. Une eau à PH 7, donc neutre, est tout à fait convenable ; on peut y rajouter quelques gouttes de vinaigre de cidre pour l’acidifier légèrement. Ce dernier apportera en même temps tous ses bienfaits. (Deux ou trois gouttes pour un quart de litre sont suffisantes).

Voici une petite liste des eaux minérales ou de source (plates, bien sûr !) les plus faciles à trouver dans le commerce :

Eaux minérales :

  • Mont Roucous. PH 5,85 Résidus à sec : 25 mg
  • Rosée de la Reine. PH 5,85 Résidus à sec : 25 mg
  • SPA (source Reine) PH 6 Résidus à sec : 33 mg
  • Celtique PH 6,60 Résidus à sec : 46 mg
  • Montcalm. PH 6,8 Résidus à sec : 32 mg
  • Volvic PH 7 Résidus à sec : 130 mg

Eaux de source :

  • Metzeral PH 6,5 Résidus à sec : 30 mg
  • Vosgia PH 6,5 Résidus à sec : à 30 mg (source Metzeral marque Cristaline) *
  • Isabelle PH 5,70 Résidus à sec : 31 mg (marque Cristaline) * (montagnes noires)
  • Chantade PH 6,3 Résidus à sec : 23,8 mg (marque Volcania) *
  • La Montille PH 6,7 Résidus à sec : 43,58 (marque Volcania) *.

* Attention : Cristaline et Volcania sont des marques commerciales qui distribuent différentes eaux de source ; une bouteille de « Cristaline » ou de « Volcania » ne convient donc pas forcément

Au fil de vos recherches, vous trouverez sans doute, selon votre région, une eau répondant aux besoins du chinchilla.

Prenez soin de placer les bouteilles au frais, à l’abri de la lumière et de la chaleur. Après ouverture, le réfrigérateur est préférable pour une meilleure conservation.

Catherine Peduzzi
Les Chinchillas du Terroin

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Le bain


Le « bain » de terre est pour le chinchilla un véritable plaisir autant qu’une absolue nécessité. Son poil devient gras, collant, présente des nœuds, favorisant le mâchage de la fourrure – appelé Fur Chewing – s’il en est privé.

De l’éléphant à la gerbille, du cheval à la poule, en passant par l’alouette, le zèbre et le sanglier, une multitude d’animaux prennent des bains de sable, de poussière, de boue ou de terre sèche et se roulent avec délectation dans ces différents éléments. Qu’il s’agisse de se protéger des insectes et des acariens, de la chaleur, ou d’entretenir les spécificités de leur peau, de leurs plumes ou de leurs poils, cela leur est nécessaire. Les chinchillas, ainsi que leurs proches cousins, les viscaches, sont très attachés à cette pratique pour entretenir leur fourrure. Ils utilisent pour cela soit de la poussière d’argile, soit les cendres déposées par les éruptions des nombreux volcans qui s’étirent le long de la Cordillère des Andes. Ces bains fréquents, en colorant leur fourrure, doit également les aider à se confondre avec les roches de leur environnement et à échapper à la vue de leurs prédateurs.

Leur peau sécrète bien sûr du sébum, qui reste piégé dans leur fourrure extrêmement fine et dense. Essayons d’imaginer un peu : nous les humains, avons 150 à 200 cheveux au cm2 sur la tête, et 3 cheveux par follicule pileux, alors que le chinchilla possède 50 à 80 poils par follicule (voire davantage pour les plus denses) et environ 20 000 poils au cm2 ! La graisse produite par la peau et l’humidité extérieure absorbée ne peuvent pas s’extraire seules d’une telle fourrure : l’utilité d’un bain de terre absorbante est absolument nécessaire. Sans ces bains, un chinchilla ressemble plus à un rat tombé dans l’eau sale qu’à un animal à l’aspect de velours et au toucher soyeux. Les poils collés par la graisse et l’humidité vont former des nœuds, parvenant même à couvrir une grande partie du corps dans les cas extrêmes. Cela va engendrer pour lui un énorme inconfort, un mal être qui influencera son comportement, son caractère, et sa longévité. Certains vont essayer de se débarrasser de cette gêne en rongeant leur fourrure ou en l’arrachant.

Aux débuts de l’élevage, dans la première moitié du XXème siècle, plusieurs solutions ont été tentées pour proposer aux chinchillas un bain efficace. Le sable a bien sûr été essayé, mais celui-ci a un très mauvais pouvoir dégraissant, et surtout il est coupant et use l’extrémité de leur poil si fragile. Le rajout de talc dans le sable n’était pas non plus satisfaisant. Les cendres volcaniques n’étant pas vraiment une solution très pratique, peu communes en France et trop poussiéreuses pour l’utilisation en espace clos, les éleveurs ont obtenu les meilleurs résultats avec des terres argileuses de granulométrie suffisamment fine pour pénétrer la fourrure profondément sans en agresser la texture. Personne n’a trouvé mieux jusqu’à nos jours. C’est ainsi qu’est né le terme, en France, de « Terre à Bain », dans les années cinquante.  Les anglophones utilisent le mot « sand » (sable), même s’ils utilisent aussi des terres argileuses.

La fréquence, Le sujet fait débat… Je n’en vois pas vraiment la raison ?

Pour ma part, j’essaye plutôt de me représenter ce que fait un chinchilla sauvage dans son habitat naturel. Il ne doit pas trop se poser de questions compliquées… Pendant sa période d’activité, à mon avis, dès qu’il rencontre un petit coin de cendres ou de poussière bien tentant, il doit s’y précipiter avec plaisir. Si la rosée a été intense, donc l’hygrométrie plus élevée, le besoin de se rouler doit être plus important qu’en pleine journée où la chaleur le pousse à rester à l’abri des rochers.

Il se dit parfois qu’une femelle ne doit pas avoir son bain pendant quinze jours après la mise bas ! La pauvre… Je pense justement qu’après la délivrance, une femelle sauvage doit s’empresser d’aller se rouler dans la terre ou les cendres pour se sécher et surtout pour éliminer l’odeur de sang qui peut attirer les prédateurs. La nature étant bien faîte, ce n’est pas ainsi qu’elle fera une infection. Il faut évidemment proposer une terre propre, et ne lui laisser que quelques instants. En trente ans et quelques milliers de mises bas, je n’ai jamais constaté d’infection causée par un bain. 

Les petits apprennent très vite, par effet de mimétisme, et peuvent accéder au bain dès le lendemain de leur naissance, en même temps que leur mère. Ils ne commenceront toutefois à comprendre comment procéder qu’après une dizaine de jours, et après quelques essais maladroits, pourront à leur tour goûter aux joies du bain.

Les seuls moments où les éleveurs ne donnent pas accès au bain de terre sont pendant la mise bas, en cas de blessure ou de lésions au niveau des yeux.

Alors, à quelle fréquence ? Tout va dépendre d’abord du comportement de votre chinchilla ; s’il urine dedans – ce qui n’est pas rare chez  les animaux qui n’ont pas eu l’habitude d’accéder à leur bain assez souvent dans leur très jeune âge – il faut évidemment ne lui laisser que  quelques minutes, une ou deux fois par jour, et lui retirer dès que ses ablutions sont terminées ; au fil du temps, il perdra en général cette très mauvaise habitude. Vous pourrez procéder de la même façon pour les animaux qui prennent un malin plaisir à vider leur boite à bain en grattant pour en évacuer le contenu… Ce n’est pas très économique ! Là il s’agit d’un jeu, et cette manie ne leur passera jamais.

Il y a des chinchillas extrêmement propres, et qui n’iront dans leur bain que lorsqu’ils en sentiront le besoin, ou l’envie. A ceux-là, le bain peut être laissé en permanence.

D’autres vont choisir la boite à bain pour y dormir, ou y entraîner du foin ou autre nourriture,  et donc y déposer énormément de déjections et de débris : cela ne sera un problème que pour vous … il vous faudra tamiser la terre très souvent. Ce qui peut être considéré par contre comme un avantage, car vous pourrez, ce faisant, y observer la forme et la quantité de déjections et par là même l’état de santé de votre chinchilla. Ce sera donc à vous de faire le choix.

Comme il faut bien trancher, si vous ne savez pas vraiment comment vous y prendre, disons qu’il est souhaitable que le chinchilla ait accès à son bain au moins une fois par jour, pendant une demi-heure, soit à son réveil au crépuscule, soit après une période d’activité telle qu’une promenade par exemple. Plus le temps sera humide et l’hygrométrie élevée, plus il aura besoin de se baigner.

S’il vit seul il se salira peu et un bain quotidien pourra suffire, s’ils sont plusieurs à cohabiter dans une même cage, ils auront un plus grand besoin de faire leur toilette.

Si vous l’avez pris en main,  tripoté et caressé, proposez-lui son bain : vous constaterez qu’il se sent sale après une séance câlins…Surtout s’il fait chaud, ou que vous avez sur vous une odeur de parfum ou de crème !

Je me souviens d’un tout jeune chinchilla vraiment très sociable, qui avait été placé dans une famille charmante mais où la mère de famille était très parfumée et maquillée ; celle-ci avait demandé à nous le ramener, car il criait et paniquait quand elle voulait le toucher et elle le trouvait donc méchant et agressif. Une fois à la maison, je pris le petit en main, il s’y blottit sans bouger ; je voulus le remettre dans les bras de sa nouvelle propriétaire, il se mit à se débattre comme un fou. Après lui avoir expliqué que le petit chinchilla était perturbé par les odeurs de son parfum, elle ne chercha plus à le prendre et laissa ce soin à ses enfants, et tout rentra dans l’ordre.

En résumé, ces moments de bain de terre sont si nécessaires et agréables aux chinchillas, leur apportant non seulement la propreté mais aussi un bon équilibre psychologique, que  vous pouvez leur proposer sans arrière-pensée et sans chercher de règle stricte : il n’y en a pas !

Une petite jardinière rectangulaire ou une coupe ronde en terre cuite, une boite ou une écuelle en inox pourront être laissées en permanence dans la cage sans risque si elles sont bien fixées ou suffisamment lourdes pour ne pas être renversées.

Une boule à poissons rouges, un pot en plastique rigide avec ou sans couvercle ne conviendront que pour une utilisation ponctuelle et en dehors de la cage. (Certains chinchillas peuvent ronger les plastiques, les aquariums boules peuvent se retourner sur le chinchilla et l’étouffer, et le verre peut se briser). Le fond du récipient doit être complètement recouvert de terre sur une épaisseur d’au moins un centimètre.
La terre à bain sera renouvelée en fonction de son état de salissure ; si elle n’a pas d’odeur désagréable, le tamisage dans une petite passoire fine suffira à la rendre à nouveau opérationnelle, en rajoutant une petite quantité si besoin est.
Il est préférable cependant de la changer complètement toutes les quinzaines ou au moins une fois dans le mois.

L’ajout de fleur de soufre est très utile pour éviter l’apparition ou soigner une mycose : une petite dose bien mélangée à la terre est conseillée.
Une cuillérée à café rase de soufre peut être introduite dans un kilo de terre à titre préventif.

Catherine Peduzzi
Les Chinchillas du Terroin